MAN RAY (1890-1976)

Lot 74
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MAN RAY (1890-1976)
Le Violon d'Ingres, 1924
Triptyque unique, vers 1970 3 sérigraphies sur plastique (1 noir et blanc, 1 bleue, 1 rose) signées dans l'image
La version en noir et blanc est signée à l'encre sur le tirage et existe en 3 exemplaires. La version bleue existe en 2 exemplaires. La version rose est unique.
65 x 55 cm chacune
The Violin of Ingres, 1924
Single triptych, circa 1970 3 serigraphs on plastic (1 black and white, 1 blue, 1 pink) signed on picture
The black and white version is signed in ink on the print and exists in 3 copies. The blue version exists in 2 copies. The pink version is unique.
25.6 x 21.66 inch. each
Un certificat d'authenticité pourra être remis à l'acheteur par Emmanuelle de l'Ecotais
A certificate of authenticity may be issued to the buyer by Emmanuelle de l'Ecotais
Note :
Il existe plusieurs versions du Violon d'Ingres : une première version, sur laquelle les ouïes sont dessinées à la main est publiée en 1924 (collection du Centre
Pompidou), deux versions dans lesquelles les ouïes sont réalisées par photogramme vers 1930 (dont une non localisée mais publiée en 1933, et l'autre vendue le 14.05.2022 chez Christie's à New York), une version transformée en objet surréaliste avec l'ajout de quatre cordes de violon (vers 1962-1965, à trois exemplaires), et une édition réalisée en 1971 d'après un des photogrammes. Ces sérigraphies constituent aujourd'hui une découverte.
Avec Le Violon d'Ingres, Man Ray est l'un des rares artistes du XXe siècle à avoir réussi à signer une image qui appartient désormais à l'imaginaire collectif.
La pose que prend Kiki, le turban qui enserre ses cheveux, évoquent irrésistiblement la Baigneuse Valpinçon (1808) ou un des personnages du Bain turc (1862) d'Ingres ; mais il n'y a là aucun trucage, la photographie a été surchargée de deux traits d'encre par une intervention manuelle, comme l'avait été LHOOQ, la
Joconde moustachue de Marcel Duchamp.
Mais l'intervention de Man Ray est plus habile et crée ici un jeu de mot visuel. Les deux ouïes, dessinées à l'origine à l'encre de Chine sur le dos du modèle, viennent nous rappeler que Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) était, à ses heures perdues, un fervent violoniste. Aussi la locution populaire qui sert de titre à l'oeuvre prend ici un tout autre sens puisque Man Ray suggère, sans ambiguïté, que son Violon d'Ingres est le corps de Kiki.
Man Ray avait été frappé par sa beauté qu'il jugeait digne d'inspirer n'importe quel peintre académique. L'ovale parfait de son visage, ses yeux très écartés, son long cou, sa poitrine haute et ferme, sa taille fine et surtout son corps épanoui lui suggère à la fois la référence ingresque et le jeu de mots visuel.
Réalisées sans doute vers 1970 à partir de la version en photogramme (la même que celle utilisée pour l'édition de 1971), ces versions inédites proposent une vision de l'oeuvre actualisée à l'aune de la modernité. Inspirées du Pop Art et des fameuses sérigraphies d'Andy Warhol que Man Ray rencontra à plusieurs reprises, la version colorée sur plastique, en grand format, prouve une fois de plus, s'il était besoin, que Man Ray même à la fin de sa vie conserve son esprit inventif. Sa collaboration avec Luciano Anselmino à partir de 1967 n'est sans doute pas étrangère à l'apparition de cette nouvelle oeuvre. Dans sa Galleria Il
Fauno à Turin, Luciano expose tous les grands artistes de l'époque, dont Andy Warhol. Anselmino organise même une exposition croisée sur les deux artistes (Man
Ray - Andy Warhol, Galleria Il Fauno, octobre 1974). L'année précédente, Warhol réalise à New York un portrait de Man Ray au Polaroïd, qu'il utilise ensuite pour une sérigraphie bien connue. Les liens entre les deux artistes sont donc multiples.
Pour Man Ray, l'utilisation de la couleur est loin d'être une nouveauté, puisqu'il invente même une technique originale dans les années 1930. Dès 1932, il réalise certaines images en plusieurs versions, noir et blanc et couleurs, comme par exemple pour Jacqueline Goddard (cf. Man Ray, Delpire, 2015, en couverture et Man
Ray rétrospective au Japon, 1996, p.99). Enfin, sa faculté à utiliser certaines oeuvres pour en créer de nouvelles est une caractéristique de son travail (d'une photographie à un objet, comme Pomme et vis (1931), ou inversement d'un objet à une photographie, comme Selfportrait (1917). En ce qui concerne le Violon d'Ingres, plusieurs versions, parfois fort différentes, sont bien connues (photographie, photogramme, objet, mais aussi estampe), auxquelles il faut ajouter désormais cette version Pop.
There are several versions of Le Violon d'Ingres: a first version, in which the sound holes are drawn by hand, was published in 1924 (Centre Pompidou collection), two versions in which the sound holes are made by photogram around 1930 (one of which has not been located but was published in 1933, and the other which sold on May 14, 2022 at Christie's in New Y
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