MAN RAY (1890-1976)

Lot 128
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MAN RAY (1890-1976)
Les Larmes, 1932
Épreuve gélatino-argentique réalisée par Pierre Gassmann en 1976 (tampon au revers faisant foi), tampon Man Ray Paris.
24,2 x 29,6 cm
Hm : 20,5 x 27,7 cm
The Tears, 1932
Gelatin-silver print made by Pierre Gassmann in 1976 (stamp on the back with the date), Man Ray Paris stamp.
9.53 x 11.66 inch.
Hm: 8.08 x 10.91 inch.
Note :
Lydia, danseuse de french cancan et modèle de Man Ray, est la personne qui inspira Man Ray pour cette photographie.
Connue sous le titre Les Larmes, elle est l'exemple type du changement que peut opérer l'artiste sur son image grâce au cadrage. Il existe à ce jour cinq versions connues de cette photographie. Cinq études, dirons-nous, passant «du général au particulier». La première est le visage entier de Lydia, la deuxième se resserre sur les yeux et la bouche, la troisième cadre sur les yeux et le nez, la quatrième est le gros plan sur un oeil qui, inversé, constitue la dernière version, ici présentée. L'image dans son état premier ne met pas en valeur l'objet réel de la photographie : les larmes de verre artificiellement collées sur les joues du modèle. Elle est donc moins frappante. Notons d'ailleurs que l'artiste ne l'a jamais publiée ainsi et que la seule fois où elle a été exposée dans cette version, c'est relativement récemment, dans l'exposition Explosante Fixe au Centre Pompidou en 1985. Par contre, dès le début, Man Ray publie cette photographie sous deux versions différentes : dans Minotaure et dans Photographie il s'agit du cadrage sur les deux yeux, alors que pour le livre Photographs by Man Ray, 1920 - Paris, 1934 (1934) il a réalisé un gros plan sur l'oeil. Par la suite, ce sont exclusivement ces deux versions qui seront connues, et ceci jusqu'en 1993, date à laquelle on découvre le cadrage plus large comprenant la bouche du modèle.
Mais on ne saurait expliquer cette oeuvre sans s'attarder sur son aspect érotique. Man Ray dit lui-même dans son Autoportrait que les poètes ont vu «dans l'oeil d'une femme se refléter son sexe». Et il poursuit : «ils ont réalisé que la tête contenait plus d'orifices que le restant du corps, autant d'invitations supplémentaires à l'exploration poétique, c'est-à-dire sensuelle. On peut embrasser un oeil ou faire qu'il se mouille sans heurter la décence. Lorsque la tête se dévoile complètement, soit dans son état naturel, soit parée des embellissements du maquillage, de la joaillerie et de la coiffure, on voit se produire une véritable orgie ; rien ne peut alors réfréner l'imagination, en proie aux spéculations les plus scandaleuses.» Plus loin, il affirme que «c'est d'abord par les yeux que le sens sexuel est stimulé». Ainsi, les différents cadrages de cette image sont comme une exploration de la femme et de son intimité. L'évolution du cadrage le plus large, qui contient la bouche, le nez et les yeux, au cadrage le plus serré, sur un oeil, se compose comme l'évolution amoureuse, qui va d'une première attirance au désir assouvi ; le visage de la femme est un appel à l'amour, qui finalement se concrétise : «les lèvres, deux corps qui se complètent en harmonie», «le nez hume des odeurs invisibles qui peuvent affecter tous les autres sens», et les yeux qui «ne reçoivent pas seulement une image extérieure, mais ils renvoient l'image d'une pensée invisible».
Lydia, a French cancan dancer and Man Ray's model, she inspired Man Ray for this photograph.
Known as Les Larmes, it is a typical example of the change the artist can make to the image through framing. To this day, there are five known versions of this photograph. Five studies, ranging «from the general to the specific». The first is Lydia's entire face, the second focuses on the eyes and mouth, the third frames the eyes and nose, the fourth is a close-up of an eye, which, when inverted, constitutes the last version, presented here. The image in its first state does not emphasize the real object of the photograph: the glass tears artificially glued to the model's cheeks. It is therefore less striking. It should be noted that the artist never published it in this way and that the only time it was exhibited in this version was relatively recently, in the exhibition Explosante Fixe at the Centre Pompidou in 1985. On the other hand, from the beginning, Man Ray published this photograph in two different versions: in Minotaur and in Photography framing only the two eyes, while the book Photographs by Man Ray, 1920- Paris, 1934 (1934) contained a close-up of the eye. Afterwards, only these two versions were known, until 1993, when the wider framing including the model's mouth was discovered.
But it would be impossible to explain this work without exploring on its erotic aspect. Man Ray himself says in his Self-portrait that poets have seen «the sex of a woman reflected in her eyes». And he continues: «they realized that the head contained more orifices than the rest of the body, so many more poetic invitations, that is to say se
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