Gabrielle d'Estrées, 1965 - Lot 61

Lot n° 61
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Estimation :
8000 - 12000 EUR
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Result : 25 500EUR
Gabrielle d'Estrées, 1965 - Lot 61
Gabrielle d'Estrées, 1965 Sérigraphie sur toile de coton, signée et datée en bas vers la gauche. 162 x 114 cm Alain Jacquet a «attaqué» plusieurs grands mythes de l'histoire de l'art. L'un d'entre eux, et non des moindres, est celui anonyme de l'école de Fontainebleau vers 1595 conservé au musée du Louvre. Il représente une maîtresse royale, Gabrielle d'Estrées, nue dans son bain en compagnie d'une de ses soeurs, la duchesse de Villars. Cette dernière lui administre un légendaire pincement de téton qui, on l'imagine, a émoustillé des générations de spectateurs. Georges Bataille - époux éconduit d'une certaine Sylvia à laquelle le second époux, Jacques Lacan, allait offrir L'Origine du monde de Courbet - a non sans raison fait de ce tableau une icône de référence dans son anthologie de l'art érotique, Les Larmes d'Éros (1961). Ce «détail» gestuel a été omis par Jacquet qui, plus prosaïquement, décrit deux femmes dans une baignoire. Cette représentation est dénuée de toute tension érotique, en grande partie en raison du tramage opéré sur l'image, conduisant à une distanciation par rapport au sujet. L'absence de profondeur ramène la composition à un seul plan, abolissant toute hiérarchie entre les figures et le décorum qui les entoure. Comme l'écrit Guy Scarpetta dans le catalogue de l'exposition niçoise du Mamac organisée sur Jacquet en 2005, «l'image ?distanciée' de la femme nue attire et déçoit notre propension au voyeurisme»... De fait, le peintre rétablit en quelque sorte le référent de son sujet dans son intégrité première. Le tableau de l'école de Fontainebleau n'avait en effet pas pour objectif de susciter l'émoi érotique des foules. Il était avant tout un message symbolique à visée politique: en pinçant le sein de sa soeur, la duchesse de Villars signifie que Gabrielle d'Estrées est enceinte d'Henri IV, un fait confirmé par la présence à l'arrière-plan d'une servante occupée à coudre une layette. Le dessein de la belle Gabrielle n'était-il pas de devenir un jour reine de France ? Tout
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